Campagne de France - FRA147 - Sunday into Monday

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Dimanche sur Campagne de France

Côté navigation, ce fut un Dimanche pas très productif, dans la mesure où nous sommes restés toute la journée sous une espèce de zone complètement couverte avec très peu de vent, contrairement à nos camarades sur la même lattitude à l'Est ou à l'Ouest, qui, eux, ont gaillardement taillé leur route.

Cette espèce de semblant de Pot au Noir que nous sommes en train de passer  et qui barre la route des Alizés (et la notre aussi par la même occasion) est une grande étendue nuageuse, sans beaucoup de vent sous les nuages, et le tout évolue sans arrêt et se déplace à toute vitesse. A tel point que les fichiers météo s'y perdent et que d'un fichier à son suivant, pourtant seulement 6 heures plus tard, la situation a complètement changée. Les zones sans vent sont toujours là, plus ou moins au même endroit... à l'échelle planétaire. C'est à dire que le trou de vent s'est déplacé de quelques centaines de kilomètres en quelques heures, donc, avec notre vitesse de piéton, il est impossible d'anticiper vraiment où sera le passage quand on arrivera à tel endroit. On fait donc avec, avec des périodes de chance et de moins de chance, même si on essaye de faire au mieux et que l'on passe des heures à étudier la météo et la route.

A part ça, comme un vrai dimanche de l'ancien temps, quand on ne pouvait se laver entièrement qu'une fois par semaine, nous avons profité de l'eau douce produite à volonté par notre désalinisateur, lui-même alimenté en énergie à volonté par l'hydrogénérateur, pour nous doucher, champouinner et même faire la lessive en prime... Le tout avec une pensée compatissente pour ceux qui n'ont pas de désalinisateur et qui, vu que la course s'éternise et bat des records de lenteur, doivent être en train de rationner l'eau sévère, la réservant au plus stricte usage alimentaire. D'où l'intérêt de produire son eau, et sans recourir à la moindre énergie fossile, le moteur n'ayant pas tourner depuis le départ car toute l'énergie vient de cette toute petite hélice que nous plongeons quelques heures par jour et qui ne nous freine pas, étant donné qu'elle s'oriente librement au gré des mouvements du bateau.

Bonne soirée

Sunday was spent under a layer of cloud and not much wind. The 4 hourly school reports were all marked "can do better". We have now found our way out into what feel like proper trade winds. About time too as we are already at 16° N. Weird crossed swell and difficult to see the waves since the moon set hours ago.
Anyway, we occupied our light airs Sunday with (apart from trying to sail faster) making loads of water with the watermaker for fresh water showers and laundry. While thinking of those boats not equipped with a watermaker, and given how long this race is taking, hoping that they aren't having to ration their drinking water.
Campagne de France - almost half way there

Bonjour

Lundi "matin" pour nous commence à être le milieu de la matinée pour vous en Europe car progressivement, à force de faire de l'Ouest tant bien que mal, on s'aperçoit tout de même que nous sommes en train de changer de fuseau horaire.
A bord de Campagne de France nous n'avons pas de problème de changement d'heure, étant donné que nous restons en temps universel (heure TU) tout au long de la traversée. C'est plus pratique pour différentes raisons.
1) Cela permet de ne pas se prendre la tête pour savoir quelle heure il est chez vous ou chez nous. On sait que c'est pareil en Angleterre et 1 heure plus tard en Europe occidentale.
2) Les positions, le GPS, les fichiers météo, les diverses infos, etc. sont toutes en temps universel, donc l'heure du bord est calée en permanence sur l'heure GMT. GMT ou TU c'est la même chose. GMT c'est "Greenwich Meridian Time" et TU c'est Temps Universel (évidemment UT en anglais). Au passage, le fait que le "Temps Universel" soit celui de l'Angleterre nous prouve que les Anglais n'ont pas attendu d'être Brexités pour n'en faire qu'à leur tête et ensuite expliquer au Monde entier que c'est comme ça et pas autrement. Après tout le temps "universel" aurait tout aussi bien peu être celui d'Oulan Bator, mais ça c'est pas fait comme ça
3) Et surtout, moi j'ai horreur des choses qui changent. Même l'heure.

Donc, comme on ne cale pas la montre du bord sur le fuseau horaire sur  lequel nous nous trouvons, nous constatons simplement en ce moment que chaque jour le Soleil se couche un peu plus tard et se lève un peu plus tard aussi. Par contre, hélas, ça ne change pas la longueur des nuits, sauf à aller très vite vers l'Ouset et les nuits seraient très longues, ou l'inverse en allant vers l'Est.

Le seul problème avec notre système horaire, c'est qu'en général on ne sait jamais trop quelle heure il est dans l'endroit où on arrive. C'est pour ça que souvent, après avoir franchi la ligne d'arrivée, nous demandons à la première personne à qui on peut parler quelle heure il est. Ladite personne qui doit bien alors se demander qu'est-ce que ça peu bien nous fiche, alors qu'on vient de passer des jours et des jours à traverser un Océan quand on aurait pu le faire en quelques heures dans un zinc, on doit quand même pas être à quelques minutes près.

Aussi, on vous rassure, on ne mange pas à heures fixes. Donc pas de problème de ce côté là. Sur les bateaux de commerce, où la vie étaient réglée aux heures des apéros à l'époque où la majorité des équipages était encore bretonne, il fallait bien mettre l'heure du bateau sur le fuseau horaire sur lequel il se trouvait, étant donné que le Pastaga à 3 heures locales du matin, c'est moyen pour la veille de nuit.

Donc, quand nous arriverons à Grenada, car nous finirons bien par y arriver, surtout depuis qu'un semblant d'Alizés commence à faire mine de se pointer, ne vous étonnez pas si on vous demande l'heure.

Campagne de France 15°53N/36°20W - 10h30 (GMT, au cas où vous l'auriez pas compris).