Campagne de France - FRA147 - Petites occuations

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Campagne de France taille sa route sous une Lune presque pleine et magnifique dans ce qui devrait normalement être la dernière nuit de course de cette RORC Transatlantic.

Petit à petit la Mer s'organise, mais c'est loin d'être encore tout à fait ça et nous avons droit à encore quelques belles plantades dans des talus liquides, occasionnant des arrêts brutaux et des belles gerbes d'eau de chaque côté de l'étrave, qui montent jusqu'aux barres de flèche (il faut dire qu'elles ne sont pas si hautes que ça les barres de flèche sur le gréement Axxon de Campagne de France - à peu près 6 mètres au-dessus de l'eau ).

Durant la course, par pudeur ou par stratégie, on ne parle en général pas de ses petits soucis. D'une part, à moins d'en faire tout un fromage, ça n'intéresse personne, d'autre part on se dit que si les concurrents l'aprenaient, ça pourrait leur remonter le moral. On a beau être bons camarades, quand on est en course on ne pleure pas forcément sur les malheurs des autres, surtout si ça fait nos affaires. C'est comme dans la vie, ça fait jamais bien de le dire, mais on en pense pas moins.

Pour les Terriens qui pensent que l'on risque de s'ennuyer sur un voilier, quand on ne barre pas, quand on ne manoeuvre pas, quand on ne règle pas les voiles, quand on ne fait pas la navigation, quand on ne mange pas, quand on ne dort pas... et accessoirement quand on n'écrit pas des bêtises sur l'ordinateur, qu'ils se rassurent, on a toujours de l'occupation. Il y a toujours de l'imprévu ou des péripéties à gérer.

Ainsi, certains objets du bord, probablement animés d'une âme maléfique, s'évertuent à nous rendre la vie impossible. On pourrait citer plein d'exemples, mais nous ne retiendrons que ceux qui sont les plus nuisibles à la bonne marche du bateau. Celui qui nous a donné le plus de fil à retordre ces derniers jours est un bête zip. Une fermeture éclair, objet pourtant basique que tout le monde utilise plusieurs fois par jour. Mais ce n'est pas n'importe quel zip et celui-ci, hormis qu'il fait plusieurs mètres de long est capital et son disfonctionnement peut avoir des conséquences dramatiques.
Notre spi medium est équipé d'un ris, c'est à dire que quand il est entier nous avons un spi en tête de mât et nous avons la possibilité d'escamoter toute la partie basse pour en faire un très joli petit spi de capelage, voile de brise idéale et très prisée par les temps qui courrent. Lorsque nous prenons le ris, tout le tissu de la partie basse est emprisonné dans un sorte de poche, fermée par ce fameux zip. Le problème est que notre zip a tendance à perdre ses dents comme un boxeur amateur qu'aurait causé mal à Joe Louis sans savoir à qui il s'adressait. Dès qu'il manque une dent c'est un point de faiblesse dans la fermeture et aussitôt tout le zip s'ouvre brutalement, la poche vomissant alors immédiatement le tissu qu'elle contenait. Lequel tissu se retrouvant en train de battre furieusement sous le spi et traînant en grande partie à l'eau. Et à ce moment là, la manoeuve pour récupérer tout ça, affaler le spi et ramenr le tout à bord, si possible en un seul morceau, n'est
pas une mince affaire. D'autant plus que chacun peut imaginer que si on est sous spi de brise, c'est qu'il n'y a pas un vent à laisser les fenètres ouvertes. Pour corser le tout la plage avant est submergée par les embruns, ou même passe à travers les vagues, et la manoeuvre est donc périlleuse. Cela nous est arrivé plusieurs fois, et c'est miracle que nous ayons pu sauver le spi à chaque fois, car Campagne de France aurait très bien pu se retrouver "en pêche", avec un chalut de 150m2 à la traîne. Et en général, quand ça part comme ça, le spi il aime pas. On ramène que des morceaux, justes bons pour alimenter les très nombreuses fabriques de sacs tès mode, façonnés à partir d'authentiques résidus de tissus à voile de bateaux de course.

Une fois que l'on a ramené le tout à bord, il faut repréparer le spi en remettant le ris en place, mais cela suppose une minutieuse vérification du fameux zip et la solution que nous avons trouvée est de mettre un patch de grey tape (bande adhésive grise très costaude) partout où il manque des dents pour renforcer ces points faibles. Tout ça ne se fait pas en 2 minutes, et pendant ce temps là le bateau se dandine sous grand voile seule à vitesse réduite et les petits camarades nous bouffent des milles. Et c'est come ça qu'on se retrouve avec une mauvaise note au pointage d'après.

Le spi à ris c'est une invention géniale, mais déjà en 2011 nous avions ces problèmes de zip et il est navrant que 5 ans après on en soit toujours là. Au lieu de débattre sur les théories du genre ou sexe des anges, il serait peut-être temps qu'on sauve ce qu'il nous reste d'Industrie dans notre pays pour pouvoir fabriquer des bonnes fermeture éclair, sinon on pourra bientôt plus fermer notre braguette sans demander aux Chinois s'ils veulent bien nous concéder, gentiment et au prix qui leur conviendra, un peu de fermeture éclair qui fonctionne.
Les autres objets maléfiques, nous en parlerons ultérieuerement. mais tout ça pour dire que, rassurez vous, nous ne nous ennuyons pas.

A bientôt et si les Dieux le veulent, nous découvrirons demain une nouvelle Terre (en tous cas nouvelle pour nous, car cela fait hélas déjà un moment que la main de l'Homme a été mettre les pieds un peu partout)

Campagne de France - à 150 milles de l'arrivée.

Campagne de France - FRA147 - Samedi Matin

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Bonjour

Normalement, si les vents le permettent et si tout continue de se passer comme il se doit à bord de Campagne de France, arrivée demain à Grenada.

Curieux de découvrir cette île que nous ne connaissons pas. Aussi, même si nous sommes pas mal là où nous sommes, pas mécontents d'arriver non plus, car ce long bord de portant n'est pas de tout repos. En effet, la Mer ne s'est toujours pas vraiment organisée et aussi l'instabilité du vent en force et direction, tout ça réuni fait que c'est un tantinet usant.

Sur Campagne de France, on dose. Evidemment nous essayons de faire marcher le bateau à une vitesse raisonnable, mais le maître mot est surtout "on assure". Comme chacun sait, tant que la ligne n'est pas franchie rien n'est acquis. Et il reste encore 300 milles environ à parcourir avant de la franchir cette ligne. Il peut s'en passer des choses en 300 milles, surtout qu'avec une mer pareille nous ne sommes jamais à l'abri d'un "départ au tas". Se retrouver avec le spi en tenue d'Indien avec 300 milles restant à faire, on risquerait de les trouver longuets ces milles, si nous devions ne plus avoir les voiles qu'il faut. Nous avons déjà expérimenté cela à la Transat Jacques Vabre 2013 où la perte de notre spi medium nous avait coûté un paquet de places. Donc, quand on est bien placé, il vaut mieux parfois ronger un peu son frein plutôt que de faire le cake en torchant de la toile à la recherche d'un chrono qui n'intéresse personne. Il n'y a que le résultat qui compte, et en course il est plus important d'arriver devant les autres que d'aller très vite... de temps en temps.

L'histoire de la course au large nous offre suffisamment d'exemples pour nous rappeler à la raison. Le plus marquant est probablement celui de l'infortuné Steve Ravussin qui a chaviré à 700 milles de l'arrivée de la Route du Rhum 2002, alors qu'il avait course quasiment gagnée avec une avance tellement colossale sur ses poursuivants qu'il lui aurait suffit de finir à un train de Sénateur, sous voilure réduite de convoyage et sans risque, pour s'assurer la victoire. Il doit encore le regretter son excès de zèle et ses rêves de pêter les chronos, car une victoire à la Route du Rhum, ce n'est pas rien dans la vie d'un homme ou d'une femme... Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres c'est Michel Desjoyaux qui a donc gagné en multicoque cette année là, malgré 2 escales techniques, et Helen Mac Arthur qui a franchi la ligne d'arrivée en premier sur son monocoque Kingfisher, franchissant par la même occasion un pas de plus vers son annoblissement futur par la Reine d'An
gleterre et Duchesse de Normandie.

Donc, sur Campagne de France, nous naviguons pour l'instant "à la normande", avec la dose d'audace et de sagesse qui convient à la situation.
Si nous ne sommes pas trop secoués à un moment de la journée, nous en profiterons aussi pour abuser sans compter de notre réserve d'eau douce inépuisable, histoire que les personnes qui seront sous notre vent à l'arrivée, et après aussi, ne soient pas trop incommodées par l'odeur. Par contre il ne faut pas se faire trop d'illusions, car comme après 15 jours de mer nous avons perdu les repères olfactifs terriens, il n'est pas garanti que nous arriverons à nous débarasser totalement d'un certain fumet, que nous ne sentons plus depuis longtemps, mais que nous découvrons en général avec horreur quand nous retournons à bord le lendemain de l'arrivée pour faire le grand nettoyage (vu que le jour de l'arrivée, on ne fait rien d'autre que de se réaclimater, c'est à dire qu'on mange autre chose que du lyophilisé et qu'on boit des bières...).

Campagne de France - 12°14N/56°51W - à 300 milles du but.

Campagne de France - FRA147 - Cumulobeasties

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Cumulobeasties growing out of nowhere in the moonlight. The air is very unstable, wind speed between 18 - 30 knots, sometimes shifting right and putting the boat slightly across the waves. One of these has just rudely landed on the boat and straight on top of me. Luckily the water is warm

We have the equivalent of two thirds of a Fastnet Race left to go to the finish, 400 miles or so, which naturally we won't be able to do in a straight line!

Miranda - Campagne de France

Campagne de France - FRA147 - 600 milles (miles)

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Campagne de France est à moins de 600 milles de la ligne d'arrivée.

Pourquoi est-ce significatif?
Tout simplement parce que lorsque l'on fait des longues courses océaniques on essaye toujours vers l'arrivée de trouver une course que l'on connait bien et que l'on a déjà faite, d'une longueur équivalente au nombre de milles qu'il nous reste  à parcourir, pour se donner une idée de ce qu'il nous reste à faire . Hors, 600 milles, à peu de chose près, correspond à la distance de la célèbre Fastnet Race. Donc, quand on est à 600 milles du but, on se dit toujours "il ne nous reste plus qu'un Fastnet" à faire.

Sauf que ce n'est pas du tout pareil. A quelques bord près, de portant de surcroit, nous sommes presque sur la ligne droite pour finir cette RORC Transatlantic Race. Alors que la Fastnet Race est loin d'être une ligne droite.
En effet, cette course part de Cowes, longe la côte sud anglaise, traverse la Mer Celtique pour aller virer le phare Fastnet situé au large de la pointe sud ouest de l'Irlande, retraverse la Mer d'Irlande, et l'arrivée se juge à Plymouth, frontière entre le Devon et la Cornouaille. Donc peu de chance de faire l'ensemble du parcours entièrement au portant, sauf météo exceptionnelle que l'on attend toujours.

La Fastent Race est certainement la reine de la Course au Large, tout du moins de par son antériorité. La première édition eu lieu en effet en 1929 et fut gagnée par le cotre pilote Jolie Brise. Depuis cette course a lieu immancablement tous les 2 ans, les années impaires. Seules les éditions de 1941 et des quelques années impaires qui suivirent n'eurent pas lieu, on se doute de la raison. Les régatiers avaient autre chose à faire. D'ailleurs, pour l'annecdote, le Fastnet de 1939 fut gagné en temps compensé par le ketch anglais Bloodhund, mais en temps réel par le ketch West Wind mené par un équipage de la Kriegsmarine. Un "vent d'ouest" qui annonçait peut-être une brise à venir de l'Est un peu frisquette. A noter que si vous chercher les résultats du Fastnet sur wikipedia, bizarrement, l'édition de1939 est la seule où le vainqueur en temps réel n'est pas cité, à moins que cela ai été rectifié depuis, mais en tous cas il y a encore 3 ans ce n'était pas le cas...

L'édition de 1979 est restée tristement gravée dans les mémoires, car une dépression soudaine et très creuse s'était abattue sur la flotte en Mer d'Irlande, entraînant de nombreux naufrages et malheureusement la perte de beaucoup de vies humaines. J'ai courru cette édition sur le grand sloop Gauloises 3 et nous avons essuyé la tempête sur le trajet du retour et au portant, donc dans des conditions acceptables, alors que malheureusement se sont les petits bateaux sur l'arrière qui ont ramassé le plus fort du coup de vent. Cette édition dantesque a vu la victoire de Tenacius, mené par Ted Turner.

Comme la Fastnet est une course anglaise et non française, le drame de l'édition 1979 n'a pas remis la course en cause et l'édition de 1981 eut bien lieu, comme il se doit, ne serait-ce qu'en hommage aux 19 victimes. Ceci est d'autant plus logique que chacun s'engage dans une course en prenant ses responsabilités et qu'il appartient à chaque Skipper de prendre la décision, à tout moment, de continuer ou pas une course, selon les circonstances. Il n'y a donc aucune logique à aller chercher des responsables lorsqu'un tel drame arrive et il est bien dommage que l'évolution de certaines sociétés ou pays pousse à aller systématiquement chercher des responsables, encombrant les tribunaux de gens qui n'ont rien à y faire, au lieu de s'occuper de ceux qui mériteraient vraiment de répondre de leurs actes.

2017 est donc une année à Fastnet et Campagne de France doit s'y engager, en espérant y retrouver une nombreuse flotte de Class40.

En attendant, il nous reste "environ un Fastnet" à faire pour finir cette Transat...

Campagne de France, à moins de 600 milles de l'arrivée de la RORC Transat à Grenada.

Campagne de France FRA147 Vendredi Midi

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Bonjour
Cela fait maintenant quelques jours que Campagne de France navigue aux allures portantes, cap, à peu de chose près, sur Grenada.
Même si "théoriquement" les allures portantes c'est mieux que le près, cela dépend tout de même de l'état de la mer et du vent. Depuis cette nuit, nous pouvons de temps en temps enfin confier la barre au pilote automatique, car même si celui-ci se débrouille pas mal du tout il ne faut tout de même pas trop lui en demander et quand la mer est trop abominafreuse il a tout de même du mal.
En tous cas nous on barre mieux et plus vite dans ces conditions et, même si c'est assez pénible de ne pas pouvoir lâcher le guidon, on ne va pas se plaindre car quand les pilotes automatiques barreront tout le temps et dans toutes les conditions mieux que nous et bien je me ferais tout bonnement viré, étant donné que c'est un truc que je sais encore faire pas trop mal sur un bateau. Donc les progrès techniques c'est bien, mais le syndicat des Barreurs surveille quand même ça du coin de l'oeil, histoire de ne pas hôter le pain de la bouche à une population maritime encore précieuse.
Donc la mer n'est pas très bien rangée. Cela doit être du en partie à un très fort courant venant du Sud et qui après avoir longé les côtes du Brésil vient à la rencontre de tout ce qui vient de l'Atlantique nord. Nous constatons aussi un résidu de houle de Sud Est, probablement issu des Alizé de Sud Est, qui sont de l'autre côté du Pot au Noir, donc pas si loin que ça. Cette houle rencontre celle d'Est-Nord Est, typique des Alizé de Nord Est, et cette rencontre, plus le fort courant, engendre un joli bazar, avec une houle croisée et des vagues très abrutes venant de diverses directions. Donc ça secoue fort et tout ça ne donne pas une conjoncture très favorable aux grandes glissades que l'imaginaire associe à la route des Alizés.
Il arrive très fréquemment que les départs aux surf se terminent très brutalement pas un choc frontal dans le talus liquide qui se dresse devant l'étrave. L'arrêt buffet est violent et c'est des coups à se retrouver le nez écrasé sur le pare-brise.
Les déplacements à bord sont très laborieux et il arrive que l'on se prenne des belles valdingues, même si à l'intérieur du bateau nous ne manquons pas de main courantes pour nous accrocher. Donc, si à l'arrivée vous constatez quelques echimoses sur nos corps, n'allez pas en déduire qu'il y a le moindre problème relationel à bord, ce qui est très loin d'être la cas sur Campagne de France.
Pour les manoeuvres sur la plage avant, nous retrouvons la posture naturelle de tout animal digne de ce nom, à savoir que l'on marche aussi sur les pattes de devant et pas seulement sur celles de derrière.
Donc tout cela est un peu fatiguant et cela commence un peu à se ressentir. Mais même si l'arrivée n'est plus très loin, nous sommes toujours dessus à fond, car comme chacun sait, tant que la ligne n'est pas franchie, rien est acquis et tout peut arriver. Même si nous avons une petite avance sur nos concurrents, il reste tout de même un peu de route à faire, durant laquelle il peut encore se passer bien des choses.
A bientôt
Campagne de France - 11°45N/52°26W - cap ouest.

Campagne de France - FRA147 - Mardi 6-12

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Bonjour

Cela fait maintenant quelques jours que Campagne de France navigue aux allures portantes, cap, à peu de chose près, sur Grenada.

Même si "théoriquement" les allures portantes c'est mieux que le près, cela dépend tout de même de l'état de la mer et du vent. Depuis cette nuit, nous pouvons de temps en temps enfin confier la barre au pilote automatique, car même si celui-ci se débrouille pas mal du tout il ne faut tout de même pas trop lui en demander et quand la mer est trop abominafreuse il a tout de même du mal.

En tous cas nous on barre mieux et plus vite dans ces conditions et, même si c'est assez pénible de ne pas pouvoir lâcher le guidon, on ne va pas se plaindre car quand les pilotes automatiques barreront tout le  temps et dans toutes les conditions mieux que nous et bien je me ferais tout bonnement viré, étant donné que c'est un truc que je sais encore faire pas trop mal sur un bateau. Donc les progrès techniques c'est bien, mais le syndicat des Barreurs surveille quand même ça du coin de l'oeil, histoire de ne pas hôter le pain de la bouche à une population maritime encore précieuse.

Donc la mer n'est pas très bien rangée. Cela doit être du en partie à un très fort courant venant du Sud et qui après avoir longé les côtes du Brésil vient à la rencontre de tout ce qui vient de l'Atlantique nord. Nous constatons aussi un résidu de houle de Sud Est, probablement issu des Alizé de Sud Est, qui sont de l'autre côté du Pot au Noir, donc pas si loin que ça. Cette houle rencontre celle d'Est-Nord Est, typique des Alizé de Nord Est, et cette rencontre, plus le fort courant, engendre un joli bazar, avec une houle croisée et des vagues très abrutes venant de diverses directions. Donc ça secoue fort et tout ça ne donne pas une conjoncture très favorable aux grandes glissades que l'imaginaire associe à la route des Alizés.

Il arrive très fréquemment que les départs aux surf se terminent très brutalement pas un choc frontal dans le talus liquide qui se dresse devant l'étrave. L'arrêt buffet est violent et c'est des coups à se retrouver le nez écrasé sur le pare-brise.

Les déplacements à bord sont très laborieux et il arrive que l'on se prenne des belles valdingues, même si à l'intérieur du bateau nous ne manquons pas de main courantes pour nous accrocher. Donc, si à l'arrivée vous constatez quelques echimoses sur nos corps, n'allez pas en déduire qu'il y a le moindre problème relationel à bord, ce qui est très loin d'être la cas sur Campagne de France.

Pour les manoeuvres sur la plage avant, nous retrouvons la posture naturelle de tout animal digne de ce nom, à savoir que l'on marche aussi sur les pattes de devant et pas seulement sur celles de derrière.

Donc tout cela est un peu fatiguant et cela commence un peu à se ressentir. Mais même si l'arrivée n'est plus très loin, nous sommes toujours dessus à fond, car comme chacun sait, tant que la ligne n'est pas franchie, rien est acquis et tout peut arriver. Même si nous avons une petite avance sur nos concurrents, il reste tout de même un peu de route à faire, durant laquelle il peut encore se passer bien des choses.

A bientôt

Campagne de France - 11°45N/52°26W - cap ouest.

 

Maverick - GBR4945R - Day 14

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Dear Team Maverick Fans,

I am sure you have some questions.....

I left you on day 11 with the potential for having to go dead ship. The good news is that we managed to reset the alternator brain and put the spare blades in the hydro-generator. Good news.

Right I am going to talk about the "daisy chain" of events that has led to us being slower than we hoped and really close to losing out to Leopard for Class win. At one stage we thought that this would be reasonably straightforward. This is yacht racing however and nothing is ever easy and while this might be frustrating now it is why we love it.

Event 1. We lost the tack on the A2. This was not our fault, we are still not sure why it failed. The failure is so perfect it could have  been done with scissors. The frustrating thing is I had been saving this kite for this event so it had only been flown a few times in trials and corporates. It had not been used out of range and when we lost it we were not abusing it!

Event 2. We lost the A1.5 The  A1.5 was meant to be a spare to the A2. However it had been used hugely out of its range in the Rolex Giralia Cup race and as a result I elected to used this kite in deliveries etc. It had done a lot more hours but was in good nick. Unfortunately just as a crew member had gone off deck to wake up the next watch we had a wave induced slow down followed by a large wave grabbing the stern and a 25kt gust.This induced a broach that I was not able to stop on the helm. Sean did his best to ease the kite sheet and the main sheet at the same time. One flog and it was all over the kite had a big rip in it. This was the first broach in a long long time and it just coincided with a watch change. Bad luck.

Event 3. Pinch in the (FRO). With the A2 and A1.5 dead we elected to go to our FRO (Fractional Code 0) this deployed fine but after a furl gybe it developed a "pinch"

A "pinch"  is where a furling sail grabs a bit of the sail prematurely and furls one part in the opposite direction to the majority. This means that you cam't get the whole thing to unfurl. We have used this sail a lot and never had this problem. We are not sure why  it has started happening but we mannaged to clear relatively easily the first pinch but had to take the FRO down on the deck to clear a double "pinch" the next time.

Event 4: Missing bowsprit pin. While driving the yacht hard I felt that she was sailing a little bow down. I got Kees to go inspect the crash bulkhead. His first impression was "oh no did not know we had a light in here" The 2 inch stainless pin that attaches the bowsprit to the yacht was somehow missing. We immediately furled the FRO and set about a solution, both to help the structure and secondly to stop the water coming in. We improvised a fix with a winch handle and a shammy.

Event 5. The need for an A2. Unfortunately as I sit here and write this we are not getting the best out of Maverick. We are taking it a bit gingerly on STBD tack but also for the past 48hrs we really have had some small gear up in the sky. She is underpowered. This is massive on this yacht because the step change from being on the foil or not is huge.

So all in all things are good on Maverick. The crew are well  and while my shoreside "to do" list is now as long as a Harrods receipt after a visit by Paris Hilton we are still averaging a little over 10kts VMG. It is going to be very tight with Leopard.

Regardless of the outcome I am very proud of my team. They have all worked incredibly hard in some physically and mentally taxing conditions. This is what makes Ocean Racing unique. It is a marathon and not a sprint. If you cannot keep the yacht together then you will not finish. As they say in order to win, first you need to finish. Maverick has given us some of the best sailing experiences of my life during this race and I will always remember them. By signing up to the RORC Transatlantic Race we knew we would be put against some of the best teams out there. We would not turn up to a knife fight with a gun so to speak. We are going to push hard right to the end. One thing this crossing has shown me is that this yacht with this team will be a force to be reckoned with in future events. Being our first ocean race we will go away and review the performance, work on the reliability and be back for more. Sometimes I forget that  this yacht has only been in the water for seven months...

Olly out

There is only one thing that makes a dream impossible to achieve: the fear of failure.
Paulo Coelho

Campagne de France FRA147 - Thursday Sunset

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Apologies for the lack of news. It's been a bit full-on. We are taking it in turns helming the boat in quite a sea state. Big swell from the NE, swell from the SE, plus 1.5 - 2 knots of current flowing NNE, which is not helping. Up to 30 knots at times, in cold sharp downdrafts, whereas the wind the rest of the time is warm and humid. At times, Campagne de France  is at the top of a decent sized ski slope of a wave, accelerating fast down the face and there isn't aways an exit at the bottom of the hill. Spray everywhere, but rarely gets the driver.
The sea got a little more organised before sunset, presumably just to lull us into a false sense of security as night falls!
Numerous flying fish, mostly returned to the sea if they haven't managed to flip-flap there way back to fly another day. Scales everywhere, which is just delightful.
Campagne de France - less than 730 miles to our waypoint south of Grenada

Challenger - GBR301 Froggy bows out.

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When you buy a race boat there are a number of things you always get as part of the package; 1. A box of spares that do not seem to fit anywhere on the boat, 2. the joy of discovery as you uncover all the cowboy repairs the last owner failed to mention 3. a pile of old spinnakers which if you take them on spec are an awesome sail inventory but are in fact old, tired and fit to pop at any moment.  We own four 10-20 year old 60ft race boats so yeah.... we have a lot of the above.

The spare parts just get tossed in the trash to allow for the moment 3 months later when you realize 'ooh that's what that bit was, ooh its custom you say? $1000 minimum you say...ooh .S*^t. The cowboy repairs we can actually take in our stride as we have an awesome set of hard skills among our crew that can whip any boat into order in short order. So that leaves the kites.

Spinnakers for this size of boat range in the $10,000 to about $15,000 range- so when I say we have 35 that makes it sound like we are sitting on a fortune. Not so. The reality is 17 of them were built in 1992 for Yamaha one of our boats that competed in- and won- the Whitbread Round the World Yacht Race. When we spread these sails out for assessment they are impressive- the size of a tennis court- wonderful strong blues and reds, famous sponsorship branding- the very sails in fact that featured on sailing magazine covers all over the world BUT. BUT. Time is not a friend to the material these things are made from- a light woven material like a tent flysheet. Now, 20+ years down the track we are outside of the life span the sail makers expected and perhaps even beyond the lifespan of many of the sailmaker. So what do you do? Part of me wants to hoard them in our store room, unpack them annually, look at them, fold them, pack them, talk about them at the yacht club because when they are gone they are gone. Luckily the other part of me, the 51% does not believe in Sunday best. Why save the best you have for special occasions when all manner of unforeseen tragedy can befall you at any moment robbing you of the opportunity to ever experience whatever it was you were saving. Therefore, I use the best china every day, all of my Star Wars figures are out of their original packaging and we put up old kites whenever we can. Which, circuitously brings me finally to Froggy.

Froggy is a fractional spinnaker we discovered in our inventory early on which was a perfect match for our sail training schedule. Froggy is a smaller, more controllable sail designed originally for very heavy winds (30 knots) and high boats speeds (22.5knots by the polars). In our situation as a training platform for ocean racing Froggy was equally good for people new to the boat to learn to drive with in normal breeze. So why Froggy? This sail had a huge green frog on it licking a big red and white lollipop and the branding read 'Lollipop Hospital Radio for Children' hence Froggy. Built 24 years ago and no doubt hammered all to hell in the Whitbread race by Ross Fields and the Yamaha crew Froggy then waited 20 long years in the perfect storage conditions offered by his long term home in California before exploding back on to the racing scene (!) in the 2016 Antigua Race week where he literally led us to a string of podiums in the Ocean Class.

Spool forward through 6 months of sail training work where Froggy has been a mainstay and that brings us up to the present where for the last 48hrs he has been doing exactly what he was meant to do forging downwind (albeit in a mere 20knots)in a major open ocean race. After a squall last night that saw him brought down for the hours of dawn, Froggy came back onto deck this morning around 0900 and stepped up to the plate for the final time. In brilliant sunshine, over blue seas, straining against a crisp breeze, Froggy broke 14knots for the last time and then bowed out from professional sailing forever.

With a gentle almost polite ripping sound Froggy slowly descended into the water in a number of pieces and after a momentary swim alongside the boat was ceremonially retrieved by a thankful crew and packed for the last time. A quiet descended over the deck, farewell Froggy we shall never forget you. Amen.

Never ones to be knocked down for long the Spartans passed around a stiff pot of expresso coffee later and got back to work.

We are currently hoisting a new kite- exciting! This one is from 1997 and has a Fish on it.Sweet! Lets see how far this one gets...

All well on Challenger.

CSM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maverick - GBR4945R - Kees Postma

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We have had a mega frustrating 12 hours on board, all a domino effect started by the A2 tack blowing up for no reason the other night. Then we had no choice to go to the A1.5, which also not surprisingly blew up around midnight last night. Then we had no choice to go to the FR0 which was pretty slow all night long and we lost ground. This morning we decided to gybe over because the sea state looked better on the other gybe, but when we unfurled the FR0 on the other side it wouldnt unfurl properly so we had to drop it on deck and it took us 1.5 hours to sort it out. We are doing everything we can to hold on to 2nd overall, as 1st looks out of reach now realistically. Hopefully we manage that. Don't be surprised to see some dissapointed faces if we don't. We've been pushing so hard for 2 weeks, so desperate not to give it all up now..

Campagne de France FRA147 Jeudi Matin

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Bonjour à tous
Pas trop de littérature ce matin sur Campagne de France. Nous nous relayons non stop à la barre et c'est un peu chaud sous les grains...(30 kts et plus...)
Mer toujours aussi désordonnée et nuits toujours aussi noires dès que la Lune disparait, ce qui nous empêche de voir la mer et les vagues et rend la tâche à la barre encore plus difficile. Par contre quand il y a de la Lune et que le ciel est dégagé, c'est superbe.
Comme nous sommes en Lune croissante, je me demande si nous ne devrions pas ralentir un peu pour en profiter plus, car chaque nuit qui passe la Lune se couche un peu plus tard (non, je blague).
A la prochaine
Campagne de France 11°16N/46°51W- sous une série de grains du matin

Campagne de France FRA147 - Heading West

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We have gybed and are now heading in the general direction of Grenada, which makes a change.
Rather ominous sky  - just to the south it looks like either the doldrums which are further north than normal, or something equally malevolant. One street of trade wind clouds visible in the murkiness just to the north.
Campagne de France

Maverick - GBR4945R - 1000nm Broken! - Piers

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Cause for brief celebration today as we broke the 1000nm to go barrier to the finish! we are positively hurtling to grenada at 14-17knts and have been posting the highest averages of the fleet, an achievement I'm pretty proud of considering we are up against 70-100ft competitors. I am weary of starting the countdown early but it does seem that the end is getting very close, and the potential for a race win has been discussed, which is making us push harder than ever.

In other news, my eye, whilst still infected and carrying more bacteria than some chewing gum on the floor of a public restroom, does seem to be improving steadily, maybe just in time for our arrival. It is also absolutely boiling here, the R in infinit 46R must stand for Roasting, as it is probably around 35-40degrees in this carbon machine as the sun from the clear blue skies beats down upon it.

Thats all from me, and I daresay the next update you may hear from me will be at the finish, though only time will tell.

Challenger - GBR301

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So, has anyone noticed this race is taking forever? Now granted we are not leading the pack but hell's teeth we're still within spitting distance of Africa! Where are the white fluffy clouds? Where is the constant 20kt tradewinds we were all expecting? Come on RORC flip the switch- it's hot out here. Had I known it would be like this I would have lasso'd Maserati when they bowled past us at 25kts off Lanzarote and simply retired to the aft deck with a Martini for the rest of the race.

As it is with a crew of 14 we now find ourselves having to make decisions about food and how best to deploy it. This is not to say there is a problem- there isn't- but sailing boats at sea are in a unique position of being in possession of a strictly finite number of resources to use up whether that is food, water(unless you have a watermaker) tools, spare parts, medical supplies moral etc,when it is gone, it is gone. There is no Seven Eleven or Home Depot out here to pop into so we have to be cautious to only use what we have in moderation.

As the skipper it is therefore incumbent on me to ensure that we arrive safely, physically and emotionally in one piece having consumed what we have at a rate that does not exceed the limitations of the supply. Whilst we have all number of communication devices on board and can summon help from surrounding ships, satellites and your good self dear reader at the press of a button I am not sure how well the call of 'Mayday we have run out of sugar' would go down and yet it could hit morale and therefore speed and the crew's well being as squarely as blowing out the kite.

In this manner I have always found life at sea to be a microcosm of problems that affect our whole planet. Today's quartermaster wants to make the best meal possible so he takes a few items from tomorrow's food bags to win the applause of his diners- no great shakes. Tomorrow's quartermaster takes stock of what is left from his bag and decides to take just a few bits from the next days supply just so it's as tasty as yesterday's grub and so on until suddenly on day 14 when we should have a few days food left-bang the cupboard is bare and we have a big problem. Having seen this pattern play out many times during a 20 year career at sea I have to use my good judgement to rein in each portion everyone eats now to make sure that the situation I see over the horizon does not transpire. Scale this up to a planetary level and the rate at which we are robbing tomorrow's supply of resources should be of great concern.

Further to this on the boat if we make all the wrong decisions under the sun we can; in theory at least anticipate that we would break into the provisions in the liferaft or even get into the liferaft wholesale and start to use that rescue options or we could call over a ship and get supplies passed to us or a multitude of similar serious but possible avenues could be explored if life on board the boat was just too intolerable. We therefore have other options. Conversely, that I am aware of no lifeboat options, or external help options exist at a planetary level and so for a number of years I have kept in mind what I think is a 60's phrase- 'Lifeboat Earth' to moderate my impact at a personal level on the environment. This phrase accurately transmits the scale of the issue we are dealing with globally- if we mess up our resources allocation- that's it we're screwed. We're already in the lifeboat.

As you sit with your coffee, your air con and your comfy Ikea decor choices this point may seem very far away and lofty. But to me as I sit here with 7 bags of food and 500 litres of water to go and 175hrs showing left to the finish- it seems so much more pointed and real.

All well on Challenger. CSM

Maverick - GBR4945R - Day 11 - Olly

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Good Morning Team Maverick Fans,

Well today my story is about suicidal flying fish. As you may know we are not the largest yacht and we have a very low freeboard. I can tell you that getting hit by a flyingfish while doing 17kts hurts!

Progress is good and we are enjoying the fresh trade winds. Maverick is really doing very well looking after us and smashing down the distance to run. As I write this the ony other vessel in our class "Leopard" has only 300nm to run so should be in within 24hrs and take Monohull line honours. Well done to them! Hopefully we will not be too far behind!

As it is we are still hunting down Aragon. There is a little moon now on the early night watches and this is helping massively. We have been having some sat coms issues but they seem to be ok at the moment.

Anyway thats all for now...

Would you like an adventure now, or shall we have tea first? (we have no coffee or teas left!!!!)
Alice in wonderland

Olly out

Campagne de France - FRA147 Trade Winds

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After a night of unstable breeze, a few baby squall-type creatures before dawn, we now have passable trade winds.

At the request of my nieces, Alice and Eleanor, we have been keeping a look out for Father Christmas should he do a fly-by in this part of the world. I think it's more likely to be at night as otherwise the reindeer risk sunburn and heatstroke. There are possibly some children on boats crossing the Atlantic who have been good this year and written a polite letter.

Miranda - Campagne de France

Campagne de France - FRA147 - Mardi 6-12

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Bonjour de Campagne de France

Nous voici donc au portant, sous spi. Dans les Alizés? Plutôt une espèce d'Ersatz d'Alizés. En effet la brise est instable en force et en direction et pas de houle organisée, mais un mauvais clapot assez désordonné, qui au lieu de favoriser des belles glissades en surf sur les vagues secoue le bateau. Plutôt la sensation d'être sur un chemin de terre défoncé dans un véhicule aux suspensions usagées que d'être sur une autoroute dans une Citroën au confort moelleux.

Le désordre de la Mer doit en grande partie être du aux courants océaniques que nous rencontrons. En tous cas nous constatons grâce à notre électronique embarquée qu'il y a effectivement des courants car notre vitesse et notre cap sur le fond sont altérés tantôt dans un sens et tantôt d'ans un autre par rapport à ce que nous faisons sur la surface de l'eau.

Nous avons bien téléchargé à bord des fichiers de courants pour essayer d'y voir plus clair et je vous avais dit que cela ressemblait à des dessins de fou, tant les veines  de courants sont complexes et dans toutes les directions. A y observer de plus près, je crois que c'est normal que cela ressemble à un dessin de fou, car ces fichiers doivent vraissemblablement être pondus par un logiciel fou, tant est grande la différence entre ce qui est indiqué sur la carte et ce que nous constatons sur l'eau. Remarque, pour le gars qui produit ces cartes de courants, il est assez peinard dans la mesure où il y a tellement peu de monde à aller voir sur place si c'est juste ou pas qu'il risque peu d'avoir des remontées de bretelles en retour de ces informations erratiques. Ce n'est pas comme si on confiait à la même équipe le soin de nous dessiner les cartes des reseaux routiers. Il y a tellement d'usagers sur les routes, que tout le monde se rendrait vite compte qu'une route qui est sur la carte n'existe pas ou bien  qu'une autre qui est indiquée en sens unique, l'est en fait bien... mais dans le sens opposé. Il y aurait vite fait du soufflage dans les bronches et des complaintes des associations de quarante douze millions de consommateurs.

Ici on fait avec ce que l'on a et on trouve déjà bien beau que des grands esprits altruistes se penchent sur la vaste question des courants océaniques et essayent d'y comprendre quelque chose. Il faut dire que c'est très important, car tout ce système complexe est interactif avec le Climat et si justement on ne s'y retrouve plus, c'est bien qu'il doit y avoir des cochonneries quelque part dans les engrenages de cette vaste machine. Je n'irais pas jusqu'à dire "y'a plus d'saison ma bonne dame", mais il y a quand même des questions à se poser.

Donc pour l'instant pas encore de vrais Alizés pour Campagne de France, mais tout de même, du vent plus ou moins d'Est, c'est pas mal quand on veut aller à l'Ouest. Même s'il faudra tirer des bords, car pour l'instant le vent est pile dans l'axe et nous empêche de faire la route directe. Mais on ne va pas se plaindre.

A bientôt

Campagne de Fance 13°36N/39°16W, dans un endroit où on aurait pu s'attendre à "normalement" toucher les Alizés de Nord-Est, mais de nos jours rien n'est acquis et il faut pouvoir s'adapter à tout.

Maverick - GBR4945R - Day 10

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Good morning Team Maverick Fans,

What a difference a day makes. I belive looking at the last Sked that we are currently the fastest yacht in the fleet, even faster than the mighty Leopard at this time.

From just before dawn the wind had been building and as a result so have the boat speeds. Currently as I look at the nav screen we are dong 14-15 kts in 17kts of trades. With the boat speeds going up as has the mood on board. It is a tall ask but everyone on-board is pushing the yaht hard in the hope of clawing back a position or two. We are firmly focused on Aragon at this point in time.

While spirits are up it does not mean life is eassy. While the weather is warm and pleasant the deck is currently a car wash and you get absolutely soaked. There are two ways of dealing with this get wet and accept it or put on foulies and get wet sweating! I have elected for the former while other crew are electing for the latter. Good thing we brought the sudacream!

Down below is not much better with a cacophony of noise as th yacht leaps from wave to wave. Sleeping is very difficult as there is little ventilation possible (so much water over the deck) so you are nearly as wet with seweat down below than as you are on deck!

On the boat fixing front, thankfully all seems to be OK at the moment. We had a thru deck fitting leaking above the Nav station after it had to work hard for 1500nm so I managed to seal it with some sickaflex this morning. I am a big fan of keeping water outside of the yacht, especially near the nav PC...

Still life goes on...... sail, eat, sleep, repeat.... go big or go home.... A wave just washed over the entire deck the deceleration was awesome....

As I write this we have 1250nm to go to Grenada and talk has turned to what we are going to do when we arrive.... beer, jerk chicken, a shower!

Anyway Sean is making me some delicious Expedition Foods Custard and Apple so I'm off to get some sran.write this.

Olly out!

Given that we are on and Infiniti 46R

"Some infinities are bigger than other infinities"
John Green

Bring on the 65R!!!

Maverick - GBR4945R Eric and Olly Day 9

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Good Morning Team Maverick Fans,

Welcome to day 9. Well we are over half way in terms of distance but we are hoping that the second half of the track is a lot faster than their first half of the track.

We are currently lying in 4th on the preliminary leader board but are hoping that with a bit more wind we will be able to claw our way back up a few spaces. It was nice to get to meet the crew of "Stay Calm" we were berthed next to them in Marina Lanzarote. They are currently our closest competitor on the water but we are hoping that maybe we can start to pull awaay from them.

We had our first wildlife encounter in a few days with playfull dolphins playing on the bow. I always love to watch their displays as they surf on the aquatic ridge pushed frward by the yacht.

This evening in a "Classic Piers" moment he was hit in the face by a  flying fish. This is our first fish strike but having seen a few fly over the yacht in the night I am quite sure it will not be our last.

As the wind has built so have our speeds and a nie benefit of this is that we can use our "Watt and Sea" Hydrogenerator again. With temperatures on the increase it is getting increasingly uncomfortable down below and running the main engine to charge the batteries only makes this worse. The increasing temperatures also make choosing the right kit harder. Really you want to be in shorts and a T-shirt but it gets very wet on this yacht...

It is another increadably dark night. The nav lights light up the kite and there is nothing else to see. No moon, no stars, no lights on the horizon, just an eritheral darkness that hides "that wave"

Congradulations to Phaedo for thier win in this event.

best get back up on deck now..

Olly out

'If you are not willing to risk the usual, you will have to settle for the ordinary."

Jim Rohn

Day 9 and we have finally crossed the halfway point. This took a lot longer than we had all envisaged when planning this trip. We are all eager to get into some more steady Trade winds tomorrow and do the second half of this trip faster than the first. This is something that we are counting on as yesterday we did an audit on our remaining food and made a decision to voluntarily preemptively cut down on our consumption so we'll not be forced to later.

The weather conditions remain quite interesting here with a high overcast cloud cover and a few drops of rain. We had a brief glimpse of the sun this afternoon but it has been otherwise very gray. The temperature has begun to  increase after a cool and pleasant day yesterday.

Tonight will be another dark night with the cloud cover blocking out the little moon there is. The sea state is stil lumpy with a few different swell sets coming from various different directions.

Eric

Campagne de France - FRA147 - Sunday into Monday

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Dimanche sur Campagne de France

Côté navigation, ce fut un Dimanche pas très productif, dans la mesure où nous sommes restés toute la journée sous une espèce de zone complètement couverte avec très peu de vent, contrairement à nos camarades sur la même lattitude à l'Est ou à l'Ouest, qui, eux, ont gaillardement taillé leur route.

Cette espèce de semblant de Pot au Noir que nous sommes en train de passer  et qui barre la route des Alizés (et la notre aussi par la même occasion) est une grande étendue nuageuse, sans beaucoup de vent sous les nuages, et le tout évolue sans arrêt et se déplace à toute vitesse. A tel point que les fichiers météo s'y perdent et que d'un fichier à son suivant, pourtant seulement 6 heures plus tard, la situation a complètement changée. Les zones sans vent sont toujours là, plus ou moins au même endroit... à l'échelle planétaire. C'est à dire que le trou de vent s'est déplacé de quelques centaines de kilomètres en quelques heures, donc, avec notre vitesse de piéton, il est impossible d'anticiper vraiment où sera le passage quand on arrivera à tel endroit. On fait donc avec, avec des périodes de chance et de moins de chance, même si on essaye de faire au mieux et que l'on passe des heures à étudier la météo et la route.

A part ça, comme un vrai dimanche de l'ancien temps, quand on ne pouvait se laver entièrement qu'une fois par semaine, nous avons profité de l'eau douce produite à volonté par notre désalinisateur, lui-même alimenté en énergie à volonté par l'hydrogénérateur, pour nous doucher, champouinner et même faire la lessive en prime... Le tout avec une pensée compatissente pour ceux qui n'ont pas de désalinisateur et qui, vu que la course s'éternise et bat des records de lenteur, doivent être en train de rationner l'eau sévère, la réservant au plus stricte usage alimentaire. D'où l'intérêt de produire son eau, et sans recourir à la moindre énergie fossile, le moteur n'ayant pas tourner depuis le départ car toute l'énergie vient de cette toute petite hélice que nous plongeons quelques heures par jour et qui ne nous freine pas, étant donné qu'elle s'oriente librement au gré des mouvements du bateau.

Bonne soirée

Sunday was spent under a layer of cloud and not much wind. The 4 hourly school reports were all marked "can do better". We have now found our way out into what feel like proper trade winds. About time too as we are already at 16° N. Weird crossed swell and difficult to see the waves since the moon set hours ago.
Anyway, we occupied our light airs Sunday with (apart from trying to sail faster) making loads of water with the watermaker for fresh water showers and laundry. While thinking of those boats not equipped with a watermaker, and given how long this race is taking, hoping that they aren't having to ration their drinking water.
Campagne de France - almost half way there

Bonjour

Lundi "matin" pour nous commence à être le milieu de la matinée pour vous en Europe car progressivement, à force de faire de l'Ouest tant bien que mal, on s'aperçoit tout de même que nous sommes en train de changer de fuseau horaire.
A bord de Campagne de France nous n'avons pas de problème de changement d'heure, étant donné que nous restons en temps universel (heure TU) tout au long de la traversée. C'est plus pratique pour différentes raisons.
1) Cela permet de ne pas se prendre la tête pour savoir quelle heure il est chez vous ou chez nous. On sait que c'est pareil en Angleterre et 1 heure plus tard en Europe occidentale.
2) Les positions, le GPS, les fichiers météo, les diverses infos, etc. sont toutes en temps universel, donc l'heure du bord est calée en permanence sur l'heure GMT. GMT ou TU c'est la même chose. GMT c'est "Greenwich Meridian Time" et TU c'est Temps Universel (évidemment UT en anglais). Au passage, le fait que le "Temps Universel" soit celui de l'Angleterre nous prouve que les Anglais n'ont pas attendu d'être Brexités pour n'en faire qu'à leur tête et ensuite expliquer au Monde entier que c'est comme ça et pas autrement. Après tout le temps "universel" aurait tout aussi bien peu être celui d'Oulan Bator, mais ça c'est pas fait comme ça
3) Et surtout, moi j'ai horreur des choses qui changent. Même l'heure.

Donc, comme on ne cale pas la montre du bord sur le fuseau horaire sur  lequel nous nous trouvons, nous constatons simplement en ce moment que chaque jour le Soleil se couche un peu plus tard et se lève un peu plus tard aussi. Par contre, hélas, ça ne change pas la longueur des nuits, sauf à aller très vite vers l'Ouset et les nuits seraient très longues, ou l'inverse en allant vers l'Est.

Le seul problème avec notre système horaire, c'est qu'en général on ne sait jamais trop quelle heure il est dans l'endroit où on arrive. C'est pour ça que souvent, après avoir franchi la ligne d'arrivée, nous demandons à la première personne à qui on peut parler quelle heure il est. Ladite personne qui doit bien alors se demander qu'est-ce que ça peu bien nous fiche, alors qu'on vient de passer des jours et des jours à traverser un Océan quand on aurait pu le faire en quelques heures dans un zinc, on doit quand même pas être à quelques minutes près.

Aussi, on vous rassure, on ne mange pas à heures fixes. Donc pas de problème de ce côté là. Sur les bateaux de commerce, où la vie étaient réglée aux heures des apéros à l'époque où la majorité des équipages était encore bretonne, il fallait bien mettre l'heure du bateau sur le fuseau horaire sur lequel il se trouvait, étant donné que le Pastaga à 3 heures locales du matin, c'est moyen pour la veille de nuit.

Donc, quand nous arriverons à Grenada, car nous finirons bien par y arriver, surtout depuis qu'un semblant d'Alizés commence à faire mine de se pointer, ne vous étonnez pas si on vous demande l'heure.

Campagne de France 15°53N/36°20W - 10h30 (GMT, au cas où vous l'auriez pas compris).

Challenger - GBR301 A new command style

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Keen observers will have noted that everyone and his dog in this race has now ground to a halt as the high we were all looking to skirt round took a quick step to the left (No, my left not your left) and consumed the fleet. We have spent many hours today at a mighty 1 knot, whistled and hooted as breakneck speeds of 2 and 3 knots came and went and hit a new philosophical high as we stepped past that all too human reaction to adversity- to believe its the end of the world and nothing will ever go right ever again.

So many times in a career of 20 years in sail training and being a professional skipper I have had to smile when this characteristic is revealed by this strange life at sea- take for example our present situation- within only a few hours of runing into the high some of the crew started (gently) fretting about flights out of Grenada and whether they would even make it home for Christmas - simply because the chart plotter started spitting out numbers like 1000hrs(40 days?)to Grenada. Its easy to forget as a more experienced sailor and perhaps a more experienced human being that we all have to learn at some point the lesson of not being unduly reactive to changing circumstances-that to avoid unnecessary stress in life we need to take a long term view of Triumph and Disaster 'and treat those two impostors just the same'. Sure there is no wind right now- but relax it will come- it always does and then things will work themselves out as they always do. Its all very Zen and I think we can take from this discussion that yes, sailing is like life - it's easy to be philosophical when you are sharing your misery with others.

I am thinking I will make this part of my command style from now on.... just now I remonstrated with a helm over his poor course holding abilities by simply doing a wiggly fish motion with my hand- ha! what more did i need to say? They will say of me that I was firm but fair and no one will ever complain about my tone of voice again. Genius.

All good on Challenger.

CSM